Portrait d'acteurs : Lahcen Agoujil

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Lahcen AGOUJIL est géologue de formation, accompagnateur en montagne, et titulaire d’un Master en tourisme, patrimoine et développement durable.

Il est, par ailleurs fondateur de TERRES NOMADES, une agence de voyages spécialisée en écotourisme au Maroc, née en 2007.

Berbère, fils de nomades originaire de la vallée d’Anergui dans le Haut-Atlas central, après sa scolarité au lycée et au collège, il intègre la Faculté des Sciences de Marrakech, où il obtient une Maîtrise en Sciences naturelles/Option géologie

Son orientation vers les sciences de la terre lui fait prendre conscience de l’intérêt à préserver l’environnement et le patrimoine des montagnes de l’Atlas, et à y développer le potentiel touristique, afin d’assurer une activité économique pour les habitants de ses vallées perdues.

Depuis sa création, l’agence Terres nomades propose des voyages et séjours rattachés aux activités traditionnelles, respectueuses des populations, de leur culture, et de l'environnement.

 

Ce tourisme diffus est source de retombées financières au niveau local.

En outre, l’agence reverse 2 % de son bénéfice annuel à l’association Anergui (www.anergui.org) pour financer des projets de développement durable dans une vallée de l’Atlas marocain, la vallée d’Anergui où il est né.

Pour ces actions, l’agence a reçu le prix SOLIDARITÉ / TALENTS DE LA MONTAGNE en 2012, et le TROPHÉE MAROC TOURISME RESPONSABLE en 2014.

Rencontre avec le personnage

C’est au Grand Bivouac à Albertville, en 2008, que j’ai rencontré ce beau personnage.

Il était alors invité par Terres Oubliées (pour laquelle j’encadrais des séjours à l’époque), en sa qualité d’agence réceptive au Maroc.

Il avait également travaillé pour Hommes et Montagnes, agence pionnière du trekking et du voyage responsable, disparue avec le printemps arabe et les effets de la chartérisation du désert à laquelle celle-ci s’opposait.

Avant cela, il avait vécu l’enfer des grosses agences d’aventure qui sous-traitent leur production et pressurisent les agences réceptives pour obtenir le moindre coût.

Terres Oubliées et Hommes et Montagnes s’en démarquaient, proposant des séjours co-construits avec leurs agences réceptives ; elles avaient été les premiers voyagistes d’aventure à adhérer à l’Association des Voyageurs et Voyagistes Éco-responsables (V.V.E), dont j’étais et suis toujours Président.

Copyright photo : Curiosity whispering future

C’est donc tout naturellement vers celle-ci que Lahcen se dirigea dès 2009, puisqu’elle portait les valeurs qu’il défendait, alors qu’il se trouvait souvent seul à prêcher dans le (son) désert !

Ainsi, depuis 12 ans, Terres nomades a participé à plusieurs salons organisés par V.V.E ou d’autres où elle fut invitée et est demeurée un membre pilier de l’Association.

En avril dernier, Lahcen rencontra deux jeunes reporters Franco-Belges, qui l’interviewèrent et publièrent ses réponses.

C’est dans l’écolodge créé par ses soins, dans sa vallée d’origine qu’eut lieu la rencontre.

Dans ce texte, Lahcen y pourfend le tourisme de masse en ces termes : « Le tourisme de masse crée des emplois dans les villes. Mais en montagne, cela génère des envies, surtout pour la jeunesse qui veut imiter les touristes… Ils veulent partir en ville, s’habiller comme les touristes, manger comme les touristes, mais le niveau de vie ne suit pas… Et en plus, abandonner les traditions, abandonner les coutumes, cela engendre l’exode rural ! ».

« Le tourisme responsable est celui qui respecte l’être humain tel qu’il est »

 

Un projet d’écotourisme global

Afin de mener à bien ses divers projets, Lahcen a créé Anergui, du nom de la vallée qui l’a vu grandir.

Il nous explique :

« Nous avons centré notre projet éco touristique sur la vallée d’Anergui située à 350 kms de Marrakech, entre le Haut Atlas et le Moyen Atlas.

Encore récemment isolée, cette vallée a été totalement préservée tant au point de vue du patrimoine naturel que culturel.

À travers nos différentes propositions de voyages sur la région, nous allons à la rencontre des familles berbères Ait Abdi, Ait Sukhmane et Ait Haddidou, en proposant des séjours en immersion ou des randonnées avec hébergement et repas chez l’habitant.

Ou encore, proposons des séjours sur les hauts plateaux avec les nomades ; d’autres pour participer à la transhumance avec une famille, ou effectuer un trekking de 8 à 15jours sur cette partie méconnue de l’Atlas.

Nous avons également construit un Écolodge au cœur de la vallée et installé un bivouac de charme sur les hauts plateaux nomades.

À Tighremt assif Melloul, tout est organisé dans le respect de l’environnement et son intégration dans la nature environnante.

Notre maison berbère est construite selon les méthodes traditionnelles, uniquement en pisé.

Nous utilisons l’énergie solaire, et le gaz pour la cuisine.

Les légumes que nous mettons dans nos tajines proviennent de notre jardin BIO et l’écolodge s’autosuffit en fruits et légumes à 90%.

Nous avons nos ruches et récoltons notre miel.

L’eau qui alimente notre jardin provient d’une source captée dans la montagne ; elle profite également à tous les villageois.

Le goutte-à-goutte va être mis en place sur les cultures.

Nos eaux usées sont traitées et notre hammam est chauffé avec du bois de récupération, et les déchets non végétaux.

Tighremt assif Melloul et notre camp nomade sont un élément essentiel pour la promotion de l’ecotourisme dans la vallée.

Ces deux structures gérées par l’habitant permettent une véritable immersion dans les traditions et la culture berbère.

Notre écolodge est labellisé Clef Verte ».

 

Tourisme solidaire

Avec Anergui, l’association, financée en grande partie par la réversion de 2% du prix des voyages qu’il commercialise, il achète chaque année des fournitures scolaires pour plus de 100 élèves chaque année, aide à apporter de l’eau potable dans des villages qui en sont dépourvus, ou collabore avec les services des eaux et forêts de la province d’Azilal pour tenter de reboiser les montagnes pelées, terres d’élevage.

Pour essayer d’y associer les éleveurs, il leur offre des arbres fruitiers, mais le bois de chauffage manque, et il faudrait plus de moyens, affirme-t-il.

Il a développé aussi une maison spécifique pour accueillir les femmes semi-nomades sur le point d’accoucher. Après avoir mis leur enfant au monde à l’hôpital, elles y reviennent quelques jours pour reprendre des forces.

Côté patrimoine, il tente de sauver de l’abandon les derniers greniers collectifs où jadis les habitants déposaient leurs richesses : réserves, bijoux, argent, blé, laine, beurre, le tout surveillé par un gardien rémunéré.

Conclusion

Contrairement à beaucoup d’endroits sur la planète où se sont des occidentaux qui créent et gèrent des centres d’hébergements dans des pays en voie de développement, ici, c’est un Berbère du cru qui l’a fait, et emploie une famille de la vallée pour gérer l’infrastructure !

Cela constitue une vraie différence !

Enfin, pour Lahcen le respect est important :

« Respecter les us et coutumes des habitants, notamment d’un point de vue vestimentaire, leur religion, leur mode de vie, en bref, le touriste doit respecter la population locale pour se faire accepter », ce qui est vrai également ailleurs !

Après 15 années d’engagement, Lahcen méritait bien cet hommage ayant valeur d’encouragement à continuer.

D’autres présentant informer à propos du tourisme durable lui ont refusé une simple présentation de son agence : il fallait payer !

Sa femme Marie, qui l’aide dans les tâches administratives me transmit le message envoyé en retour pour exprimer son sentiment :

« Nous vous remercions de votre proposition de partenariat pour mieux faire connaitre notre action de terrain, mais nous n'avons pas de budget pour cela. Nous sommes un acteur de terrain engagé pour un tourisme durable et responsable, qui consacre 2% de ses bénéfices à des actions de terrain.

Et l'essentiel pour nous est d'être en adéquation avec les valeurs que nous défendons.

Par contre il serait intéressant que des supports comme le vôtre encouragent des petites structures comme TERRES NOMADES ; car nous n'avons pas les moyens de certains gros TO qui pratiquent le greenwashing . Cela apporterait un équilibre.

Durablement vôtre, »

Voilà mes amis, à notre humble niveau, le Média du voyage durable tente de réparer cette infamie quelques années plus tard …

En attendant que votre belle vallée puisse accueillir de nouveau des visiteurs à la recherche d’authenticité, et que ceux-ci participent à ce tourisme solidaire créé à leur intention pour faire vivre votre territoire.

 

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≠ActeursTourismeResponsable

Auteur : 
Jean-Pierre LAMIC

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