Covid 19 : Plus de 500 000 saisonniers du tourisme pris en otages par le gouvernement

×

Message d'erreur

  • Notice : Trying to access array offset on value of type null dans theme_image_formatter() (ligne 602 dans /home/piyhlik/www/levoyagedurable.ovh/modules/image/image.field.inc).
  • Warning : array_key_exists() expects parameter 2 to be array, null given dans theme_image_formatter() (ligne 605 dans /home/piyhlik/www/levoyagedurable.ovh/modules/image/image.field.inc).

1 050 000 travailleurs saisonniers, c’est le résultat obtenu par la DARES (études et statistiques du Ministère du travail) en élaborant les statistiques d’emploi pour l’année allant du 1er avril 2018 au 31 mars 2019.

Près de la moitié travaillent pour le tourisme : dont 200 000 dans la restauration, 180 000 dans l’hébergement et 140 000 dans les divertissements.

Ces emplois concernent surtout les sports d’hiver en hiver, le tourisme balnéaire au printemps et en été ; et l’Île-de-France toute l’année.

En moyenne, les saisonniers ont 1,7 emploi par an, soit 180 jours de travail en tout dans l’année (6 mois).

La majorité cumule emploi saisonnier et autre emploi privé : 55 %.

Mais 45 % n’exercent qu’une activité saisonnière.

 

La double peine pour les saisonniers

Déjà privés de la fin de la saison d’hiver dernier, ils ont dû subir une peine encore plus lourde en ce début d’hiver.

Une semaine avant l’ouverture traditionnelle des stations de sports d’hiver, ils ne savaient toujours pas s’ils pouvaient envisager de travailler ou pas au cours de cet hiver 2020 / 2021…

 

Le couperet est tombé le 11 décembre, soit très exactement huit jours avant la date d’ouverture prévue par la plupart des stations de ski.

Pour mémoire, le 4 décembre 2020, le Premier ministre a interdit au public l’accès aux remontées mécaniques des stations de ski, à l’exception des professionnels et des enfants membres d’une association affiliée à la Fédération française de ski (comment un premier ministre peut-il imaginer que les sociétés de remontées mécaniques vont faire fonctionner leurs installations uniquement pour ces deux publics ?  - Comme depuis le début de cette crise, on nage dans l’ubuesque !).

Il s’agissait, comme toujours, de ne pas engorger les hôpitaux avec les traditionnels accidentés du ski…, sans prendre en compte l’accidentologie prévisible due à l’afflux de personnes non initiées ni encadrées en montagne…

Mais, ce gouvernement ne doit pas savoir que les accidentés sont traités pour une large part à Bourg Saint Maurice, Albertville ou Grenoble, et pas à Chambéry, hôpital saturé, non pas en raison de la Covid, mais du manque de moyens récurrent dans un hôpital flambant neuf…

Depuis la fin de sa construction, le personnel soignant n’a cessé de le crier, en affichant d’immenses banderoles sur les barrières et les façades alentours…

Donc, une fois encore, c’est le citoyen, et ici, le saisonnier, qui paye pour les choix de réduction des personnels soignants opérés depuis l’ère Sarkozy…

De plus, pour augmenter encore l’incompréhension des saisonniers, aucun des trois départements principaux, concernés par les sports d’hiver : Savoie, Haute-Savoie, et Isère ne font partie en ce début 2021 des départements soumis aux nouvelles restrictions et au couvre-feu instauré à 18 heures…

Apparemment, l’épidémie circule plus dans les espaces fermés qu’en pleine montagne… Qui, à part ceux qui ont décidé de prendre 500 000 saisonniers en otages, s’en étonnera ?

©Photo ci-dessous : Le Dauphiné libéré

Les conséquences nées d’un référé liberté rejeté

Plusieurs collectivités territoriales et organisations représentant le secteur économique des sports d’hiver ont saisi le Conseil d’État, suite à l’annonce du Premier ministre, et déposé un référé-liberté, pour lui demander de suspendre cette mesure.

Par l’ordonnance du 11 décembre, le juge des référés a rejeté cette demande, et a jeté par la même occasion plus de 500 000 saisonniers dans une précarité absolue (quel média traditionnel s’en est-il fait l’écho ?).

D’autant plus que la récente réforme de l’assurance chômage, en durcissant les règles de temps travaillé pour pouvoir recevoir une allocation, va lourdement les pénaliser et priver un grand nombre d’entre eux d’une indemnité de chômage, sans parler des professionnels de la montagne qui n’y ont pas droit, en tant que travailleurs indépendants ! …

 

Le casse-tête du logement

Un saisonnier qui s’engage pour une saison aux sports d’hiver doit se loger, très souvent dans des conditions précaires.

Pour avoir effectué 17 saisons d’hiver en camping-car et 15 en mobil-home, je pense être assez bien placé pour en parler…

Souvent, le saisonnier doit avancer les loyers correspondant à un ou plusieurs mois de location, et s’engager pour une durée minimale de présence, parfois pour l’ensemble de la saison…

Par conséquent, entre le 4 et le 11 décembre derniers, ils sont demeurés dans l’attente, puis ont majoritairement décidé de ne pas se déplacer, d’autant que les employeurs leur ont signifié qu’ils ne pourraient les embaucher, suite à la confirmation de la fermeture des remontées mécaniques.

Et alors que les Français se souhaitent une « meilleure année qu’en 2020 », eux débutent 2021 de la pire des manières…

 

Le cas des retraités

En outre, depuis peu, arrivent à l’âge de la retraite, des travailleurs précarisés par le système, parmi lesquels figurent des saisonniers qui ont trimé toute leur vie pour assurer un minimum pour eux-mêmes et leurs enfants, et ont permis, par leur travail à des dirigeants de sociétés de remontées mécaniques, des hébergeurs, des commerçants des stations de sport d’hiver, de s’enrichir grâce à cette main d’œuvre corvéable à merci.

Certains, parmi lesquels les moniteurs de ski, se voient proposer des pensions de retraite inférieures à 500 euros par mois !, et doivent continuer de travailler au-delà de 65 ans, voire de 67 ans…

En dehors des stations de sports d’hiver, cette situation se vérifie également dans les domaines du tourisme, de l’hôtellerie ou de la restauration partout en France.

 

Par conséquent :

Pour vivre, les saisonniers ont besoin d’activités saisonnières, et les dirigeants de ces structures, de saisonniers, et de villégiateurs…

Tandis que l’environnement naturel, a besoin d’une organisation rationnelle des déplacements et flux touristiques, et pas d’un « lâcher » de vacanciers venus se défouler dans une montagne disneylandisée…

Voilà ce que ce gouvernement a oublié…

Ci-dessous, les raisons qui justifient le non départ des villégiateurs des vacances de Noël et jour de l’an 2020…

Ce tableau réalisé par l’agence Savoie Mont Blanc, se suffit à lui-même…

Sans commentaires !

 

≠FermetureRemonteesMecaniques

≠Covid19

Auteur : 
Jean-Pierre LAMIC

Ajouter un commentaire